dimanche, 13 avril 2008
Mémoires familiales, Histoires de famille et Généalogies au 21e siècle
Le numéro 7 de la revue Enfances, Familles, Générations vient de sortir avec un ensemble d'articles traitant de la mémoire familiale, des histoires de famille et de la généalogie au 21e siècle. Pour ma part, j'ai proposé un texte sur l'introduction de la génétique et de l'Internet en généalogie.
Bonne lecture
GénéInfos, le blog de la revue française de généalogie, revient sur cet article et propose ce petit cartoon illustratif :

mercredi, 11 juillet 2007
Et vous généalogistes, comment utilisez-vous le net?
Je viens de prendre connaissance d'une enquête réalisée par le Ministère de la Culture et de la Communication sur les usages d'Internet dans le monde de la généalogie.
Bien que sommaires, les informations publiées dans ce rapport sont intéressantes. Elles permettent de repérer des évolutions que ce soit dans les pratiques de recherche (à travers la possibilité de se constituer une généalogie en ligne, pratiquement à domicile), ou dans le marché de la généalogie (avec le déploiment de sites commerciaux on-line parfois plus connus que ceux mis en place par les centres d'archives).
On aurait néanmoins aimé que ce rapport soit plus détaillé et qu'il prenne en considération des données qualitatives pour préciser ou relativiser certaines conclusions. Des points mériteraient d'être approfondi comme:
- la question de l'entrée en généalogie. Internet joue-t-il un rôle moteur dans ce processus, où d'autres éléments sont-ils à prendre en considération (visites de centre d'archives, discussion avec des ascendants ou des descendants).
- la question des réseaux de généalogistes qui se tissent sur le net, et la manière dont se trouvent évalués via des échanges virtuels, des services d'aides à la généalogie, des centres d'expertise et de consultation archivistique.
- la manière dont Internet peut aider à la constitution de cousinages, de cercles de parenté.
- la satisfaction que le généalogiste trouve à consulter un document virtuel, comparé à la satisfaction singulière que peut lui procrurer la manipulation d'archives?
20:40 Publié dans La quête des origines en question | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Généalogie, Internet, Histoire de famille, Web
lundi, 07 mai 2007
Généalogie, Mémoire et Politique
Il arrive que la diffusion de matériaux biographiques soit relancée par des politiques mémorielles. En témoigne notamment la décision prise par un célèbre service généalogique d'outre-manche, et que rapporte aujourd'hui un quotidien gratuit:
"Dans le cadre du bicentaire de l'abolition de la traite négrière atlantique au Royaume-Uni, le site de généalogie ancestry.co.uk fournira 3 millions de noms d'esclaves recueillis dans quelque 700 registres de 23 Etats de l'ex-Empire remontant aux années 1813 et 1834 (les esclaves des colonies britanniques durent attendre 1834 pour être libérés). La recherche pourra être effectuée gratuitement, par nom, prénom, île, plantation, âge ou sexe. Selon les autorités britanniques, douze millions d'Africains auraient été déportés outre-Atlantique. Trois millions d'esclaves n'auraient pas survécu à la traverssée dans les navires négriers".
10:20 Publié dans La quête des origines en question | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Généalogie, Mémoire de l'esclavage, Archives, Biographies
mercredi, 21 février 2007
Se créer des ancêtres
Voici enfin sorti des presses, l'ouvrage tiré de la thèse de doctorat de Caroline-Isabelle Caron. Se situant dans la lignée des écrits publiés ces dernières décennies autour du phénomène et de l’intérêt généalogique (Hareven, Segalen, Sagnes....), cet écrit explore les conditions de production et de réactualisation d’un récit généalogique, en se basant sur l’analyse d’un vaste corpus de textes biographiques, tous publiés par les descendants de deux frères wallons ayant vécu fin 16e- début 17e siècle (Jesse et Gerard Forest). La descendance dont il est question ici est implantée en Amérique du Nord (Nouvelle-Angleterre, Etat de New-York, Québec, Acadie, Ontario) où elle s’est constituée en association en 1994. C’est précisément grâce aux archives qu’elle a produites et aux actions singulières qu'elle a menées tout au long de l'histoire que cette descendance fournit à Caroline-Isabelle Caron une manière originale de démontrer tout à la fois le caractère normatif à l'oeuvre dans l'exercice généalogique et l'inventivité dont font part une partie de ses adeptes.
15:55 Publié dans La quête des origines en question | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Généalogie, Ancêtres, Canada, Belgique
lundi, 29 janvier 2007
Généalogie et quête des origines: Pratiques, enjeux, institutions
Le mois de janvier a été l'occasion, pour moi, de redéfinir un peu plus loin les axes d'un projet de recherche qui me tient particulièrement à coeur et que j'ai choisi d'intituler Généalogie et Quête des origines: pratiques, enjeux, institutions. C'est peut-être là l'un des bienfaits des concours (type CNRS), dont la préparation exige tant de savoir faire le point sur les travaux passés (rapport.doc) que de construire un axe de recherche cohérent pour le futur (Projet.doc).
16:00 Publié dans La quête des origines en question | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Projet de recherche, généalogie, quête des origines
lundi, 27 novembre 2006
La quête des origines chez les adoptés: droit ou devoir?
Un groupe de travail s'est constitué en Belgique pour réflechir au soutien à apporter aux familles et enfants au lendemain d'une adoption.
L'un de leurs axes de travail concerne la question de la recherche des origines et le rapport publié à cet effet offre un panorama intéressant sur la législation qui encadre, dans différents pays du monde, cette pratique. A lire également, le document fourni par l'Unicef sur le droit des enfants à connaitre leurs origines ainsi que cette note qui concerne la recherche des origines et le suivi post-adoptif dans le cadre associatif.
Ce type de mobilisation appelle deux réflexions, deux constats.
Tout d'abord, elles montrent, de manière somme toute assez classique, comment associations de parents adoptifs, organismes publics et organisations transnationales agissent ensemble, et de manière consciente, pour que la connaissance des origines devienne un droit pour tous.
Ensuite, et c'est une conséquence de cela, elles participent à transformer la quête des origines en un véritable impératif social. Derrière l'idée du droit à connaitre se origines se cache l'idée d'un devoir identitaire et mémoriel que devrait accomplir tout enfant adopté. Tout semble désormais programmé dans la vie d'un enfant adopté pour que celui-ci parte, un jour, à la recherche de ses origines. Face à cette pression environnementale, culturelle, l'enfant n'aurait alors d'autre choix de se conformer à ce type de demande, de partir en quête de ses parents biologiques, au risque d'etre suspecté de ne pas chérir suffisamment les siens et d'être en décalage avec les attentes de la société qui l'a accueilli.
Pour conclure ce post, je souhaiterai donc lancer un appel à témoignages auprès de tous les adoptés qui manifestent le désir de rester en marge de leur filiation biologique et qui ont délibéremment choisi de ne pas entamer des démarches pour identifier leurs géniteurs, fratrie d'origine, lieu de naissance.
16:55 Publié dans Adoption, La quête des origines en question | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Adoption, recherche des origines
vendredi, 24 novembre 2006
Généalogie, Génétique et mémoire familiale
France Télévision Ouest a diffusé hier un micro-reportage sur une équipe de quatre chercheurs, nominés pour les prochaines victoires de la médecine. Leur étude porte sur les maladies dégénératives dont le rétrécissement de l'aorte fait partie et les résultats qui leur ont valu leur nomination établissent de façon claire une prédisposition familiale à ce type bien particulier de pathologie.
La méthode suivie par ces chercheurs rappelle de manière singulière les travaux menés depuis quelques années déjà par une équipe québécoise sur les habitants du Saguenay, habitants qui sont touchés en proportion forte par des maladies telles que l'ataxie spastique ou la fibrose kystique. En effet, les chercheurs du CHU de Nantes, ont entrepris de regarder si le rétrécissement de l'aorte prévalait de la même manière sur l'ensemble de la région nantaise. La réponse à cette question est qu'il existerait plusieurs foyers de concentration notamment dans la ville de Pont-Saint-Martin. A cette concentation d'ordre géographique correspondrait une concordance d'ordre familiale puisque, selon les mêmes chercheurs, parmi l'ensemble des résidants touchés par la maladie, beaucoup descendraient d'un même ancêtre, ayant vécu au 16e siècle.
Ce reportage laisse de coté certaines questions comme celle des précautions éthiques que devraient imposer de telles enquêtes, ou celle des méthodes généalogiques utilisées pour retracer la généalogie des malades aussi loin dans le temps. Reste qu'il m'a fait penser à un article publié en 2001 par l'anthropologue Kaja Finkler, article dans lequel l'auteur décrit comment, à l'heure des découvertes et des manipulations génétiques, la mémoire familiale a tendance à se structurer de plus en plus autour d'événements négatifs. Cancers, maladies héréditaires, agissent désormais comme autant de moyens d'assurer la mise en mémoire de référents généalogiques, permettant tout à chacun de classer ses ancetres selon leurs pathologies, leurs vécus d'êtres biologiques.
12:15 Publié dans La quête des origines en question | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Génétique, Biologie, maladie, mémoire familiale, généalogie
lundi, 13 novembre 2006
Filiation et ressemblance
Une équipe du CNRS vient de publier ses premiers résultats sur l'attribution de la ressemblance d'un enfant à l'égard de l'un ou l'autre de ses parents.
Principales découvertes énoncées:
- "le nouveau-né, fille ou garçon, ressemble plus à sa mère. L'attribution de la ressemblance au père par la mère serait une manipulation sociale visant à conforter sa paternité".
- "La ressemblance évolue avec l'âge et le sexe. Entre 0 et 6 ans, les filles ressemblent toujours davantage à leur mère qu'à leur père. Pour les garçons, en revanche, une inversion se produit vers l'âge de 1 an, où ils commencent à davantage ressembler à leur père".
Pour aussi intéressants que ces résultats soient (ils permettent entre tout autre chose de conforter le fait qu'il y ait une dimension sociale dans tous processus d'apparentement), on aurait aimé en connaitre davantage sur les critères retenus par les personnes interrogées pour définir la ressemblance.
Certes, on sait que le test reposait sur la morphologie du visage, et la présentation de photographies aux participants. Mais rien n'est pour l'instant dit sur la façon dont ceux-ci ont opéré leurs choix, c'est à dire sur la façon dont ils ont décidé que deux individus étaient liés par une relation de filiation. Informations dont on souhaite qu'elles soient à venir.
16:50 Publié dans La quête des origines en question | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Origine, Ressemblance, Filiation
jeudi, 09 novembre 2006
Une loi ignorée ou détournée? A propos de l'usage des tests ADN en France
Le 17 octobre dernier, je publiais une note sur la législation en vigueur en France en matière de tests ADN. Celle-ci prohibe la commande de tous tests génétiques qui ne seraient pas ordonnés par des instances judiciaires, et établit de lourdes peines à l'égard des contrevenants (Heureusement - et c'est bien la première fois que je le dis - que ma curiosité ethnologique a été freinée par la petitesse de mon budget de recherche, sinon j'aurais été un de ceux-là).
Hier, Le Monde nous a offert une manière de prolonger ce débat, en citant le cas de quantité d'hommes qui utilisent chaque année les laboratoires d'analyses génétiques établis outre-Manche, outre-Rhin ou outre-Atlantique dans l'espoir de confirmer voire contester une paternité et ce qui va avec, on suppose, comme les pensions alimentaires (En tous cas, cela se fait en Allemagne et au Brésil).
Reste que l'on se demande comment ces pères peuvent accéder à une redéfinition juridique de leurs statuts, de leurs droits et de leurs devoirs, lorsque leurs demandes reposent sur des "preuves" qui ont été receuillies illégalement.
Autres sources d'interrogations, et elles sont nombreuses.
- Nul n'est censé ignorer la loi, il est vrai, mais pourquoi ne pas obliger les fournisseurs de kits ADN à rappeler sur leurs sites internet, ce qu'il en coute de faire appel à leurs services lorsqu'on est un ressortissant français (Franchement, pour avoir passé du temps sur certains sites de vente spécialisés, je n'ai jamais vu signe de telles mentions). Pourquoi aussi ne pas responsabiliser ces laboratoires, en les soumettant à une interdiction formelle de commercialiser leurs savoir-faire sur le territoire français tant que notre législation (et/ou celles des pays fournisseurs) demeure inchangée.
- Et puis, qu'en est-il du commerce de kits-ADN auprès des adeptes de généalogie? Interdite ou pas? En pleine expension, ce service - appelé de "généalogie-génétique" - permettrait à deux personnes homonymes de déterminer si elles descendent ou non d'un même ancêtre (Voir Genetique_et_recherche_genealogique.doc). Les laboratoires américains et britanniques qui commercialisent ce genre de tests n'ont de cesse de répéter qu'en aucun cas leurs analyses ne visent à confirmer ou contester une paternité, même s'il est vrai que, dans la réalité, les résultats qu'ils communiquent peuvent fournir des réponses particulièrement éloquantes en la matière.
- Enfin, combien de peines ont été prononcées en France, depuis 1994, pour l'achat de ces biens et de ces services prohibés? Quelles sanctions ont été prises à l'égard des accusé(e)s?
Précisons que ces questions ne visent en aucun à discréditer la loi française sur les tests de paternité, juste à souligner des zones d'ombres quant à son interprétation et son application, face à un marché en plein expansion. Contrairement aux pays qui ont choisi de rendre possible ce genre de commerce, la France défend via les contraintes qu'elle impose, une certaine vision de la famille, sociale plus que biologique. Par ailleurs, elle conforte l'idée qu'un faisceau de croyances et de pratiques suffit à définir la famille, et que la contibution des savoirs scientifiques dans cette entreprise ne peut être qu'exceptionnelle.De plus, elle se prémunit de certaines dérives ethiques comme, poussées à l'extrême, la conduite d'analyses épidémiologiques sur l'ADN des testeurs et la commercialisation de ces résultats à des entreprises privées.
13:30 Publié dans La quête des origines en question | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Génétique, ADN, France, Généalogie, Paternité, Loi, Droit
lundi, 06 novembre 2006
Adoption, Institution et tourisme des racines
Les descendants de migrants ne sont pas les seuls à bénéficier du tourisme des racines et du développement de ce secteur d'activité. Certains états peuvent esperer tirer profit de la promotion de ce type de mobilité, comme nous l'avons montré à plusieurs reprises à propos de l'Irlande. Ici, l'enjeu du tourisme des racines est non seulement économique mais aussi politique, puisqu'il s'agit de rapprocher un état de sa communauté diasporique, et par ce biais, de mieux publiciser sa modernité ou post-modernité.
L'exemple de la Corée permet lui aussi d'attester des enjeux institutionnels du tourisme des racines, et ce comme le montre Elena Kim (in Volkman 2005). Accusé de négliger ses enfants, et de tirer profit sur le plan économique de l'adoption internationale, le gouvernement Coréeen s'est recemment mis à sponsoriser le retour d'enfants qui, nés en Corée ont grandi au sein de familles américaines. Moyen de prouver qu'elle s'interesse aux devenirs et questionnements identitaires de tout ceux et surtout celles qu'elle a laissés partir, moyen de regagner, sur le plan international, un prestige terni, son engagement ne doit-il pas aussi être lu, comme une stratégie visant à mieux controler l'information transmise, donnée à voir, aux adoptés qui viennent en Corée pour chercher leurs racines?
On peut le croire lorsque, faisant allusion aux récits recueillis auprès de jeunes adultes partis à la recherche de leurs racines et parenté coréennes, l'auteur Elena Kim explique combien leurs séjours en Corée sont encadrés, réglementés et surveillés. Le protocole d'accueil et de séjour est très strict. Conférences en groupe sur l'adoption en Corée, visites des hopitaux et orphelinats, remise des informations contenues dans les dossiers... sont les temps fort de ce parcours identitaire pour lequel toute sortie en ville est également clairement minutée si elle n'est pas fortement déconseillée.
11:35 Publié dans La quête des origines en question, Migrations, Tourismes et Diasporas | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : adoption, institution, tourisme des racines, roots tourism, corée du sud, irlande



